Résidences

Le centre social se situe entre l’impasse des passereaux et la rue des alouettes.

Non

La rue des hirondelles et l’impasse des geais. Montant par la route qui accède au plateau je croise la rue des martinets et j’emprunte la rue du champs des oiseaux. La rue du champ des oiseaux s’arrête au bord d’un bois. Quelques maisons bordent la fin du chemin. Puis s’étalent des champs. Vient le moment où tu descends donc de ton véhicule, prends tes jambes sous le bras et marches avec tes pieds. A défaut de la fuite à tire d’ailes.                                                                      Extrait de « la marelle » – poème, 2019

Des oiseaux et des mères
2018 – Centre social du Champ des oiseaux Bolbec, 76



De quel saint s’agit-il ? Denis a grandi dans un village du nord minier. J’ai oublié le nom du village aussitôt qu’il fut prononcé.

La question est toujours celle de tenter une ressemblance qui ne caricature pas. Une ressemblance qui déborde l’identité. Plus je travaille la question du portrait, plus elle m’échappe.

Cartographie d’un visage. Mes mains croisent les ordonnées avec les abysses.

Extrait de Mémoires de braise 

Réserves du musée des arts et métiers
2017/18 – Saint-Denis, 93




« Elle a enregistré chaque détail de leur posture, port de tête, angle des épaules. Elle a compris leur rage ravalée. Elle a dit ça. Elle a dit : je peux le voir, mes mains peuvent le voir. Elle a laissé voir ses mains. »

                                                                      Nancy Huston – Mémoires de braise

Le vestibule des pommes
2014/15 – Unité pédopsychiatrique de l’Institut Montsouris – Paris



« Nos échanges sont furtifs, confiants, il attend de voir ce que je vois,
je ne vois rien d’autre que son attente. »

« Le mouvement de mes doigts s’inscrit dans une vieille tradition humaine de laisser trace,
de faire la nique à la mort qui sépare et invente la rupture, le temps. »

« Nous passons des fins d’après-midi optimistes, comme si vivre avait tout son temps. »

Tant que tournent les roues…
2013 – CHU de Montréal (Québec)



10 avril Le commandant est un homme affable et pondéré, rompu à l’exercice de l’autorité indispensable ici, sans vanité quelconque. Il accepte de poser pour moi et me donne accès à la passerelle pour y travailler, avec les hommes et femmes de quart.

12 avril Un jour passé à observer les souffles de baleines à la jumelle. Soudain le disque autour est devenu métallique, aluminique, l’éblouissement virant à l’aveuglement, la mer-miroir de la seule chose tangible en cette fin de jour, la lumière du soleil en voie de disparition derrière l’horizon.

14 avril S’accrocher à la sculpture prend ici un sens très incarné. Les roulements permanents et doux du navire, sur une mer pourtant très calme la plupart du temps, m’obligent à bloquer les roues des sellettes, qui roulent sinon elles aussi. Une jambe calée contre la sellette, comme chacun ici cherche des appuis sans même y penser. Les portraits des hommes du bord s’annoncent solidement ancrés, adossés, posés. Fragmentés.

Suis montée sur la passerelle pour commencer le portrait  du second capitaine, Cyril, plein de souvenirs de traversées de mers et de tempêtes, des torsions et résistances du porte-conteneurs frôlé quelques heures par un typhon, de l’émotion pour une première baleine aperçue en navigation, de son adolescence à Cherbourg, de ses retours à Marseille.

15 avril Je travaille par bribes parfois une tête, ou un buste…ne pas faire dire à la sculpture ce qu’elle n’a pas à dire.          

extrait du journal de bord 


Hommes d’équipage
2012 – À bord du Fort Saint Pierre,
porte-conteneurs de la compagnie CMA-CGM



À l’endroit, à l’envers
2011 – Ehpad de l’hôpital Flaubert (Bolbec, 76)


« La présence insolite des statues déclenche d’insolites dialogues auxquels j’assiste ou participe parfois, laissant les sculptures se remplir de toutes sortes d’incongruités. »

Journal d’une résidence


Persona,ae : acteur, personne
2009/2010 – Centre de détention de Caen (14)