2019 – 2020

À l’enfant qui nous garde
Maternité Natecia, Lyon (69)

Cette exposition s’est bâtie suite à plusieurs semaines d’une résidence, passées dans une maternité lyonnaise. Entre les couloirs silencieux habités par des pères désoeuvrés, inquiets, des mères toutes neuves, éberluées, des soignantes dévouées ou usées. Des médecins humbles ou arrogants. Des portraits bâtis dans une salle réservée aux réunions diverses de sages-femmes, médecins, parturientes, nouvelles accouchées, cuistot. Des portraits de doudous et des bébés d’argile se sont littéralement invités. À ma grande surprise, ils se marrent, se moquent. L’ironie évacue le risque de la candeur, voire de la mièvrerie qui se pointe dès que l’on représente un humain nouveau-né. Quant à la Piéta, elle n’est jamais loin. Les loups non plus.




Griffonneries
Galerie JJ Hofstetter, Fribourg (Suisse)

Où es-tu loup, y es-tu ? J’enfile mes yeux, je remets le noir, une touche d’anthracite, le blanc, l’ocre, le vert. Tu t’ennuies donc un peu ? Je m’ennuie donc un peu, je contemple la vague en attendant l’hiver, et les chevaux sauvages.

Extrait de Comptines d’outramour




Des oiseaux et des mères
Galerie éphémère du 44 rue piétonne, Bolbec (76)

 » Terre

Le centre social se situe entre l’impasse des Passereaux et la rue des Alouettes.

Non. La rue des Hirondelles et l’impasse des Geais. Montant par la route
qui accède au plateau je croise la rue des Martinets et j’emprunte
la rue du Champ des Oiseaux.

La rue du Champ des Oiseaux s’arrête au bord d’un bois. Quelques maisons
bordent la fin du chemin. Puis s’étalent des champs. Vient le moment où
tu descends donc de ton véhicule, prends tes jambes sous le bras
et marches avec tes pieds. À défaut de la fuite à tire d’ailes. (…)

Des oiseaux assemblés, accrochés aux statues, adossés, extirpés, exhumés.
Pour le moment seules les mères et les filles sont visibles à l’œil nu…
Je voudrais que mon travail soit utile aux personnes qui ont stoppé
quelques heures la course de leur quotidien pour venir confier
à une statue quelques recoins intimes, quelques joies,
quelques hontes ou quelque ennui pourquoi pas ?
Que les statues ouvrent une porte aux fables… »

Extrait de Marelle